vendredi 24 juin 2022

L'art abstrait

Je reviens avec un billet, dont la teneur vous era familière, pour celles et ceux, et vous êtes nombreux à me suivre sur Blogger (lol) Bon soyons sérieux. J'ai le covid long depuis janvier 22. Ces dernières semaines j'ai ressenti une amélioration, juste suffisante pour que je reprenne les pinceaux. Je suis toujours affaiblis, aujourd'hui c'est relou, vértiges, epuisement et céphalées sont au menus. Passons. Je projette pour les 100 ème fois de devenir artiste plasticien, URA !

Cette fois ci c'est la bonne. Pourquoi, parce que j'ai 44 ans, et que je vieillis. Je dois prendre une décisions ferme et définitive. Je ne veux pas vivre avec des regrets. L'artiste qui est en moi me hante. Le boulot que j'ai actuellement ne me satisfait plus. Je n'ai plus les ressources physique et mentale pour faire des compromis, être toujours de bonne volonté. D'autant plus que mon arrêt maladie depuis janvier est en train de les agacer. Ils m'ont convoqué pour une sanction disciplinaire ce lundi.

J'étais le meilleur dans mon taf, toujours présent, performant, etc etc. Aujourd'hui ils veuent récompenser mon engagement avec une sanction discipliaire. C'est la goutte d'eau. S'en est trop. J'ai pris conscicence que je ne suis pas fait pour travailler en entreprise avec un manager une hiérarchie dont le seul but est de dominer ceux du bas.

Je ne suis pas dans mon élément culturelle dans cette boite. Je me sens limité, enfermé dans une case. J'ai besoin d'experimenter, d'ouvrir en grand mon champ de recherche, de créer de mes mains mon destin et ne plus être tributaire de personne qui ne voit que le coté superficiel de ma personalité et qui me jugent en permanence.

Je veux être l'artiste dont j'ai toujours rêvé au fond de moi. Ce gamin qui savait dessiner et qui s'est construit avec ça, qu'on a aimé pour ça, qui s'est fait des amis avec le dessin.

L'art abstrait pourquoi. Parce que nous sommes envahi par l'images figurative à travers la culture économique. Films, séries, jeux vidéos, mode, publicité. Nous vivons un siècle de la rationalité absolue. Un siècle ou la science a promis un monde sans maladie, sans labeur, elle avait promis de libérer l'homme afin qu'il fasse autre chose que de travailler et de s'user la santé.

Nous vivons un siècle de la volonté de compréhension, de calcule et d'anticipation du temps, des événements, et des comportements humains. Nous sommes obsédés par la volonté de comprendre le monde qui nous entoure. Je suis fatigué de chercher à comprendre. Je veux ressentir. L'art abstrait nous dit quelque chose d'intangible, il déstabilise parce qu'il fait appel à nos sens, il fait appel à notre moi caché, primitif, que nous nous efforçons à dompter, à refouler. L'art abstrait fait appel au coeur. 

Il est un langage universel car il ne comporte pas d'alphabet. Il est le reflet de l'intangible, il est le reflet d'un silence lointain qui nous habite et qu'on refuse d'écouter.

Le langage que nous pensons maîtriser est un leurre. Le langage ne peut refléter totalement ce que nous pensons ou ressentons. Il est limité, non pas que je suis contre le langage, j'aime lire. Mais ce que je veux dire c'est que personnellement je n'arrive pas à maîtriser le langage au point que je m'exprime avec clarté la pluspart du temps. Le quiproquo, le second degrés, et toutes ces subtilités sont des freins à la compréhension de l'autre. C'est pour cela que je choisi de m'exprimer à travers un art qui ne vous explique rien, mais qui ressent mon monde intérieur.


Dans ma recherche de projet j'ai compris une chose primordiale. déjà, pour être artiste, il vous faut un numéro de siret et adhérer à la Maison des artistes pour avoir le statut officiel. J'ai compris aussi qu'il fallait que je me jette à corps perdu dans la pratique de l'art abstrait, et que je dois cesser de dessiner autre chose car je dois prendre une décision et si je veux avoir une identité artistique, je me doit de trouver ma technique, ma patte, être cohérent lorsque je vais présenter mes projets pour une résidence d'artiste ou une galerie. 

Je dois structurer mon travail et l'articuler autour d'un objectif clair et ne pas m'éparpiller dans le dessin, les pin up, les portraits, la mine de plomb ou des peinture de paysage. Je fais de la peinture abstraite en atelier, elle reflète ce que j'ai dans les tripes et il faut que je cesse de fuir le fait que je dois m'exposer et raconter à travers elle qui je suis. Je dois me mettre à nue pour toucher le publique. 

Ma peinture est une peinture austère, une peinture du déracinement. Je suis née en Algérie en 1978. Je suis venu en France à cause d'un mensonge. J'ai dû m'adapter. Je n'ai que très peu connu mes parents, mon frère et mes soeurs restés en Algérie. Une peinture de l'exile donc, un exile mensonger, une peinture de la double absence. 

Une peinture de la mémoire, car j'ai très peux de souvenirs de ma famille là bas. Une façon de me convaincre que je suis bien réelle, car grandir sans cette mémoire c'est grandir avec une personnalité altérée. Je dois me prouver que j'existe.



 













Aucun commentaire: